
L’aventure gabonaise à la Coupe d’Afrique des Nations 2025 s’arrête prématurément. Battues successivement par le Cameroun puis par le Mozambique (1-0), les Panthères sont désormais mathématiquement éliminées de la compétition. Le match nul (1-1) concédé dimanche soir entre la Côte d’Ivoire et le Cameroun a définitivement scellé leur sort, rendant impossible toute qualification pour les huitièmes de finale, y compris parmi les meilleurs troisièmes.
Cette élimination précoce prolonge une série de désillusions pour une sélection pourtant riche en individualités. Pierre-Emerick Aubameyang, Denis Bouanga et Mario Lemina n’auront pas suffi à inverser une dynamique collective en panne. Quelques semaines plus tôt, le Gabon avait déjà vu son rêve mondialiste s’éteindre, battu par le Nigéria (4-1 après prolongation) en demi-finale des barrages de la Coupe du monde. Deux échecs rapprochés qui interrogent, au-delà des résultats, la trajectoire globale du football gabonais.
Il restera certes un dernier match de poule, mercredi à 20h, face à la Côte d’Ivoire, championne d’Afrique en titre. Une rencontre sans enjeu comptable, mais qui pourrait servir de test de caractère et de vitrine pour les joueurs, dans un contexte déjà tourné vers l’avenir.
FEGAFOOT face à ses responsabilités
Au-delà du terrain, cette élimination pose avec acuité la question des orientations stratégiques de la Fédération gabonaise de football (FEGAFOOT). Les constats sont récurrents : manque de continuité dans les projets techniques, instabilité dans la gestion de la sélection, faiblesse du championnat local et difficulté à assurer une transition générationnelle efficace.
L’un des défis majeurs sera de repenser le projet sportif autour d’une identité de jeu claire et durable, indépendamment des générations et des sélectionneurs. La dépendance prolongée à quelques cadres expérimentés, aussi talentueux soient-ils, montre aujourd’hui ses limites. L’intégration progressive de jeunes joueurs, formés localement ou issus de la diaspora, doit devenir une priorité structurée et non une solution d’urgence.
Par ailleurs, le renforcement du football domestique apparaît incontournable. Sans un championnat plus compétitif, mieux organisé et attractif, la sélection nationale continuera de manquer de profondeur et de rythme au plus haut niveau. Cela implique des investissements dans la formation, les infrastructures, mais aussi une gouvernance plus rigoureuse et transparente.
Enfin, la FEGAFOOT devra tirer les leçons de ces échecs successifs pour restaurer la confiance : celle des supporters, lassés des promesses non tenues, et celle des joueurs eux-mêmes, souvent pris entre ambitions individuelles et carences collectives.
La CAN 2025 se termine donc trop tôt pour le Gabon. Reste à savoir si cette nouvelle sortie prématurée servira de simple épisode de plus, ou de point de départ d’une refondation nécessaire pour que les Panthères retrouvent, durablement, leur place parmi les nations qui comptent sur le continent africain.



